Originaire d’Orient, le lin est cultivé depuis des milliers d’années. Déjà au 8e millénaire avant Jésus-Christ, le lin tissé habillait le corps, de la naissance à la mort. Fort en usage dans l’Égypte des Pharaons, les tissus en lin furent introduits par les marchands Phéniciens en Grèce et en Italie, puis en Europe. Sa culture s’étend à partir du XIe siècle en France, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le lin demeurera la fibre végétale la plus populaire dans la confection de tissus, détrôné par le coton, la soie, puis par les fibres synthétiques.

Le lin cultivé pour ses propriétés textiles appartient à l’espèce linière la plus commune Linium usitatissimum ou lin utile. Plante annuelle de la famille des linacées, herbacée à floraison estivale, à graines petites et, selon la variété, à fleurs bleues, blanches, roses ou violettes. Des feuilles courtes poussent tout le long de sa tige qui se ramifie en petites branches terminées par les capsules, balles ou caboches, renfermant les graines.

Autre espèce, le lin oléagineux, plante basse, fortement ramifiée, avec de grosses tiges et de nombreuses capsules, forme des graines plus ou moins grosses, d’un brun rouge, en grande quantité, ce qui permet d’en extraire une huile de façon rentable. Il produit également des fibres textiles, mais sa tige trop courte et plus branchue donne une filasse qui perd en finesse, en souplesse et en résistance.

Les graines de lin produisent une huile siccative, à usage exclusivement industriel, qui fixe les pigments dans l’art de la dorure, s’ajoute aux vernis, entre dans la fabrication de linoléum ou d’encre d’imprimerie, en plus traditionnellement, d’imperméabiliser les vêtements du pêcheur ou les piqués de matelas pour enfants. Émollientes, les graines de lin calment l’irritation de l’œil, broyées en farine, elles constituent un cataplasme qui nettoie rapidement une plaie infectieuse; prisent en sirop, elles chassent la grippe et grâce à son mucilage laxatif, elles règlent les problèmes de constipation. Elles fournissent également, parce que riches en azote, d’excellents tourteaux pour le bétail. Certaines études suggèrent que les graines de lin, très riches en phytoestrogènes, pourraient exercer un effet bénéfique sur les symptômes de la ménopause, le taux de cholestérol et la masse osseuse.